SciELO - Scientific Electronic Library Online

 
 número30A HISTÓRIA DAS GUERRAS: UM ESTUDO SOBRE AS DESCRIÇÕES DOS BÁRBAROS EM PROCÔPIO DE CESAREIA - SÉCULO VIRITMO Y ESPACIO EN LA PINTURA BIZANTINA índice de autoresíndice de assuntospesquisa de artigos
Home Pagelista alfabética de periódicos  

Serviços Personalizados

Artigo

Indicadores

  • Não possue artigos citadosCitado por SciELO

Links relacionados

  • Não possue artigos similaresSimilares em SciELO

Byzantion nea hellás

versão On-line ISSN 0718-8471

Byzantion nea hellás  no.30 Santiago out. 2011

http://dx.doi.org/10.4067/S0718-84712011000100010 

BYZANTION NEA HELLAS 30, 2011: 189-202

ARTÍCULOS GRECIA BIZANTINA

UN FRAGMENT INÉDIT ATTRIBUÉ À ANATOLE D'ALEXANDRIE

 

AN UNPUBLISHED FRAGMENT ATTRIBUTED TO ANATOLE D'ALEZANDRIE

 

Tomás Fernández

Universidad de Buenos Aires, Argentina

Katholieke Universiteit Leuven, Bélgica*

Correspondencia:


Resumen: En este artículo se edita críticamente un fragmento atribuido a Anatolio de Alejandría en el Florilegio Coisliniano, una antología bizantina del siglo IX-X. En primer término, AAnatolio es brevemente situado en su contexto histórico. Su importancia para el cálculo de la fecha de Pascua difícilmente podría exagerarse, pues Anatolio introdujo en el mundo cristiano el ciclo de los 19 años, enneakaideka'ékateris. En este artículo, tras una discusión de algunos puntos controvertidos del fragmento preservado en el Florilegio Coisliniano, se presenta el texto crítico del mismo, seguido de una traducción anotada.

Palabras clave: Anatolio de Alejandría y Laodicea, Florilegio Coisliniano, cálculo pascal, ecdótica.


Abstract: This article gives a critical edition of a fragment attributed to Anatole in Alexandria Coislin Anthology, an anthology of Byzantine 9th-10th century. First, Anatole is located briefly in its historical context. Its importance for the calculation of Easter date can not be overstated, he had brought against the 19-year cycle, enneakaide-kaêkateris in the Christian world. In this article, several contentious or unclear aspects of the fragment quoted in the AAnthology Coislin are discussed. Follows a critical edition of Greek text and an annotated translation.

Key words: Anatole Alexandria and Laodicea, Anthology Coislin, calculation of Easter, ecdotic.


 

L'érudit alexandrin Anatole, devenu évêque de Laodicée en Syrie à la fin du 3ème siècle1, n'a pas besoin d'etre présenté. Il doit son renom au fait.

L'érudit alexandrin Anatole, devenu évêque de Laodicée en Syrie à la fin du 3ème siècle2, n'a pas besoin d'etre présenté. Il doit son renom au fait d'avoir adapté au comput pascal «le plus célèbre des cycles lunaires», celui de 19 ans, «attribué a Méton [...] et bien connu des anciens astronomes pa'iens»3, quicon-que connait l'importance de ce cycle pour le calcul de la date de Pâques dans le monde chrétien comprendra bien que l'influence d'Anatole a été considérable. Toutefois, de son oeuvre pascale il ne subsiste qu'un seul fragment indubitable-ment authentique, cité par Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique (722, 14 - 726, 5, ed. Schwartz; CPG 1620). À cause de cette pénurie de textes assurés on lui a imputé les théories les plus disparates; sa table pascale a ainsi été reconstruite de manières très diverses par différents érudits, et on lui impute aussi des dates très diverses pour l'équinoxe4. Outre le fragment cité par Eusèbe, il subsiste en grec un ouvrage d'Anatole sur les dix premiers nombres (CPG 1621), et des fragments arithmétiques qui lui sont attribués à tort (CPG 1624). Plus important pour la présente recherche, il existe aussi sous le nom d'Anatole un ouvrage en latin, le De rationepaschali, qui a été présenté comme une traduction, réalisée par Rufin, du traité d'Anatole sur le calcul pascal5. On reviendra sur cette prétendue traduction, ainsi que sur le fragment cité par Eusèbe.

On a vu qu'en dehors de textes arithmétiques un seul extrait grec d'Anatole subsiste. Or, dans une anthologie byzantine alphabétique de la fin du 9ème ou du début du 10ème siècle, le Florilegium Coislinianum (FC dorénavant)6, un fragment concernant la célébration de Pâques est attribué à Anatole. Si ce fragment était authentique, son importance pour l'histoire de la chronologie byzantine ne pourrait être exagérée. On verra néanmoins que la question n'est pas aussi simple que cela, puisque le fragment a été certainement remanié; il est possible toutefois qu'il y reste quelque chose de l'Anatole originel. Pour jeter quelque lumière sur cette difficulté, on devra examiner brièvement l'anthologie, ainsi que le contexte du fragment y contenu.

Le FC est divisé en livres, un pour chaque lettre de l'alphabet, à une exception près, celui de la lettre Ù, absent dans tous les manuscrits, sans doute parce qu'il manquait aussi dans la recension originelle du florilège. Le FC est alphabétique parce chaque livre —ou lettre de l'alphabet— est divisé en chapitres qui portent un titre contenant un mot-clé lequel commence par la lettre en question: par exemple, , ou en pi. La tradition manuscrite du FC a deux branches, dont l'une finit au milieu de la lettre omikron, oil le ms. Parisinus Coislinianus 294 (11ème-12ème s.) s'arrete brusquement7. Jusqu'à la fin du florilège, la deuxième branche reste donc la seule. Elle se compose pour sa part aussi de deux branches principales: le ms. Parisinus gr. 924 (10ème s., sigle C, fragment f. 298v-299) d'une part8, et la recension dite 'courte' de l'autre, oil on trouve cinq mss principaux. Si C coincide avec un manuscrit de la recension courte, cette variante est en principe assurée. Une collation complète de la recension courte ne changerait pas l'établissement du texte, comme cela a déjà été prouvé dans l'édition des lettres alpha (inédite) et gamma9: le texte aurait été exactement le même si seulement deux ou trois manuscrits de la recension courte avaient été étudiés. Le lecteur trouvera les manuscrits de la recension courte qui ont été collationnés pour la présente étude dans le conspectus siglorum.

Jusqu'à quel point le compilateur de ce florilège est-il fiable? D'habitude il ne s'éloigne pas de sa source, bien qu'il soit parfois distrait. Les divergences entre le texte du florilège et celui de sa source sont presque toujours involontaires, et n'impliquent jamais un faux. Les attributions, quant à elles, sont presque toujours exactes. Dans mon examen du florilège, nulle part je n'ai trouvé de traces d'une falsification d'auteur: si le compilateur se trompe, la faute se trouve d'habitude déjà dans la tradition manuscrite de laquelle il dépend, ou sinon il s'agit d'une simple faute, pas d'une attribution intentionnellement faussée. Ceci n'implique nullement qu'on doive penser que le fragment qui à première vue est attribué à Anatole d'Alexandrie soit effectivement issu de sa plume; cela signifie seulement que, selon toute vraisemblance, la source du FC portait déjà cette attribution.

Néanmoins, l'attribution n'est pas tout à fait usuelle; d'habitude on trouve le nom de l'auteur au génitif: , et ainsi de suite. L'en-tête du fragment édité ci-dessous pourrait suggérer qu'il s'agit d'une citation plus libre, peut-être même d'une paraphrase: (le est omis dans le ms. C). Toutefois, même si l'attribution semble quelque peu floue par rapport aux habitudes du compilateur, elle ne suffit pas à prouver l'inauthenticité du fragment. On peut, par contre, tirer une conclusion importante: le compilateur ne cite pas directe-ment un ouvrage d'Anatole, parce que, dans ce cas, il aurait mentionné le nom de l'auteur au génitif, comme il le fait pratiquement toujours. Il est vrai que ce genre d'attribution inhabituelle se trouve aussi au moins une autre fois, et pour un fragment authentique. Il s'agit du tout premier extrait du FC, appartenant à Basile de Césarée: . Or la différence avec cette dernier extrait saute aux yeux, puisqu'ici l'attribution est intégrée dans une petite introduction à l'extrait. Le compilateur, voulant rendre moins brusque la transition vers le fragment, avait une bonne raison pour ne pas donner une attribution paratextuel; il était donc tout naturel qu'il écrive l'attribution à l'intérieur du texte (ou qu'il n'y ait pas, à proprement parler, d'attribution). Ceci ne se passe pas dans le fragment édité ci-dessous, oil il n'y a pas de raison pour l'attribution inhabituelle — sauf si cette attribution inhabituelle se trouvait déjà telle quelle dans la source du compilateur du FC. Selon toute vraisemblance, donc, dans le cas du fragment attribué à Anatole la véritable source était elle-même une compilation qui contenait divers textes sur Pâques, et non un ouvrage d'Anatole, puisque dans ce dernier cas aucun copiste aurait songé à mettre . Le compilateur du FC aurait donc copié l'attribution intégré dans le texte tel qu'elle se trouvait dans sa source, presque certainement une compilation. Cette compilation pourrait être à la base non seulement du fragment édité ci-dessous, mais de la plupart des chapitres concernant les calculs pascals, groupés ensemble au début de la lettre pi10. Comme ces fragments sont assez nombreux, ce n'est pas ici la place pour en faire une étude approfondie; ils ne seront cités que s'ils peuvent aider à une meilleure compréhension du fragment attribué à Anatole. On se limitera à indiquer que, au début de la lettre pi, il y a sept chapitres concernant Pâques; le septième se compose de trois fragments: le premier, assez long, est attribué à Anastase d'Antioche (je n'ai pas encore réussi à en trouver la source), le deuxième est le fragment publié ici, et le troisième est tiré du Discours 45 de Grégoire de Nazianze (PG 36, 636, 27 — 656, 11). Le titre du chapitre est .

Si d'ailleurs le fragment attribué à Anatole se trouvait déjà dans l'ouvrage d'un autre auteur, il est possible que, là, ce ne soit pas tout le fragment, mais seulement la première partie (jusqu'à ) qui ait été attribuée à Anatole ; dans ce cas, pourrait être une référence à l'ouvrage d'Anatole où ces mots étaient puisés, ou plutôt à YHistoire ecclésiastique d'Eusèbe, qui les cite et qui était facilement accessible : en effet, le peu de mots dans notre extrait qui peuvent être certainement attribués à Anatole —parce qu'ils se trouvent déjà chez Eusèbe ; en gras dans mon édition— apparaissent dans cette première partie du fragment. Si donc le fragment n'était pas vraiment attribué à Anatole —sauf par le compilateur du FC, qui aurait pris le nom qui dans sa source était celui de l'auteur d'une petite phrase, pour le nom de l'auteur de l'ensemble du fragment—, l'intérêt du fragment dépendrait seulement de son contenu et pas de l'allusion à Anatole; il serait aussi plus difficile de lui trouver une place dans l'étude de la chronologie byzantine. Je présente la possibilité que l'attribution à AAnatole ne renvoie qu'à la première partie de l'extrait seulement comme une hypothèse; rien dans le FC ne nous contraint à croire que tout le fragment n'est pas attribué à Anatole, et, en tout cas, telle était l'opinion du compilateur du FC11.

1. Je voudrais attirer l'attention sur quelques points du fragment, suivant l'ordre dans lequel ils apparaissent. Tout d'abord, la table sur le nombre de jours accumulés chaque année dans Yenneakaidekaekateris. Outre son inutilité, elle ne tient pas compte des années bissextiles. Ceci l'éloigne d'un des extraits du FC concernant les Pâques (dans le chapitre 12, f. 293v ms. C), ce qui pourrait indiquer que le fragment attribué à Anatole et le reste des fragments sur la célébration de Pâques n'étaient pas tiré d'un seul ouvrage, sauf si cet ouvrage contenait des extraits disparates, apparte-nant à différents auteurs.

2. Une phrase qui est à première vue énigmatique: . Georges le Moine explique d'une façon similaire la cause des onze épactes après la première année: la lune et le soleil ont été créés le troisième jour, mercredi , qui était le quatrième jour du soleil, dont le cycle commence le dimanche, et le quinzième de la lune , puisqu'elle a été créée pleine. Comme le dit M. Mosshammer, «the difference between the solar and the lunar course at the time of creation was eleven days»13. Dans le fragment édité ci-dessous, on dit que le soleil et la lune ont été créés après le troisième jour, et que la lune se trouvait à ce moment-là dans le quatorzième jour de son cycle. Il s'agit du même raisonnement et des mêmes principes que chez Georges: si la lune avait 14 jours après le troisième jour, il suffit de soustraire 3 de 14, et on obtient les 11 onze jours de la lune au moment de la Création. Dans le FC il y a encore un fragment, dans le premier des chapitres sur Pâques, qui aborde le même problème, et mentionne aussi une lune au moment de la Création:
(ms. C, f. 287). On peut dater ce dernier fragment avec assez de précision. Par une référence à la première année du règne comme ayant eu lieu en l'an 6224 de la Création, on peut déterminer que ce Théodose était non Théodose II, mais l'éphémère Théodose III; ce fragment, le premier dans la série des chapitres sur Pâques du FC, date dès lors du 8ème s.

3. La date de l'équinoxe vernal. Dans le fragment du FC elle semble être le 24 mars. La discussion sur la date de l'équinoxe chez Anatole reste ouverte, les principales hypothèses étant le 19, le 22, ou le 25 mars; la plupart des érudits semblent néanmoins se prononcer pour le 22 mars14. La traduction latine d'Anatole (ou pseudo-Anatole), par contre, donne comme date de l'équinoxe le 25 mars, date que Mc Carthy notamment a soutenue comme étant celle d'Anatole15.

4. Pâques peut être célébrée le 15ème jour de la lune. Ceci va contre les traditions romaines, mais est permis par les usages alexandrins16. L'Anatole latin, quant à lui, assure que Pâques peut être célébrée entre le 14ème et le 20ème de la lune, et sa critique contre certains 'computistes de la Gaule' pourrait viser Victorius d'Aquitaine, qui autorisait Pâques jusqu'au 22ème jour de la lune; s'il s'agit bien de Victorius, l'Anatole latin daterait d'après l'année 457 et ne pourrait donc être une traduction de Rufin, sauf à supposer que celle-ci a été remaniée17. À part cela, il reste des doutes, dont les plus importants seront notés à l'endroit oil on les rencontrera, notamment dans le paragraphe qui s'occupe des mois embolismiques, qui est très obscur18.

5. La référence à la mi-Pentecôte. Elle n'est certainement pas du temps d'Anatole, mais bien plus tardive. En tout cas, la célébration de cette fête n'est pas attestée avant le 5ème siècle: «Dal V al XII sec. esisteva una festa nel mercoledì della quarta settimana di Pasqua, marcando così la metà dei cinquanta giorni dopo Pasqua, a Milano e ad Aquileia, dove ebbe con tutta probabilità origine...19

6. . Son sens doit être celui de «liste de jours fériés». Ce mot n'est pas attesté en grec.20 En latin, par contre, bien que très rare il existe. Feriale, -is: «catalogue des jours fériés»; «index feriarum» (TLL).21 Dans ce sens, le mot est attesté dans le C. I. L. X, 3792 (inscription de l'an 387, retrouvée à Capoue): «administrante Romano iun(iore) sacerdote feriale domnorum sic», suivi d'une liste de jours fériés. Le fait que le mot ne soit attesté avant le 4ème siècle, et seulement en latin, suggère que le fragment où il se trouve pourrait être tardif (et donc pas d'Anatole, comme plusieurs indices semblent l'indiquer), et très influencé par un milieu latin. Il pourrait même s'agir d'une traduction en grec d'un ouvrage latine. Quoi qu'il en soit, l'influence latine est assurée. Cela pourrait indiquer que le FC, comme l'ont déjà proposé quelques érudits, aurait été composé en Italie du Sud.

Le fragment édité ci-dessous a évidemment été remanié, et il est peut-être impossible de déterminer lesquelles de ses parties, s'il y en a en dehors des petites phrases connues par ailleurs, sont authentiques. En tout cas, comme on vient de voir, la table sur le nombre de jours accumulés chaque année dans Xenneakaidekaèkateris (supra, 1), la référence a la Mi-Pentecôte (supra, 5) et le mot (supra, 6) ne peuvent pas être imputés a Anatole. Néanmoins, comme Pasquali le dit, «chi, come il Lachmann, rifiuta di servirsi degli interpolati, rischia di lasciar perdere anche tradizione genuina»22. Montfaucon a invoqué le même principe, dans sa note introductrice sur quelques extraits d'Athanase préservés partiellement dans le FC (dont Montfaucon ne connaissait qu'un témoin): «Fragmenta subsequentia [...] nimirum inmista, ut oblata nobis sunt edi curavimus» (PG 26, 1251-1252). À l'instar de ces illus-tres philologues, je présente ce fragment en espérant que de plus compétents que moi décideront s'il peut être utile aux érudits. La traduction et les notes ne sont pas tout à fait définitives; elles visent seulement à déblayer le terrain pour permettre au lecteur d'approcher avec moins de difficulté un texte qui est loin d'être toujours clair.

Conspectus siglorum

C Parisinusgr. 924 (10ème s.), f. 298v-299.

D Mediolanensis, Ambrosianus Q 74 sup. (10ème s.), f. 100v-101.

E Argentoratensis, Bibliothecae Nationalis et Universitatis gr. 12

(a. 1285-1286), f. 156-157.

F Atheniensis, Bibliothecae Nationalis 329 (13ème-14ème s.), f. 126r-v.

Texte critique

 

Traduction

Anatole, qui a été évêque de Laodicée en Syrie, a dit: le début de tout cycle de 19 ans est en mars, qui est et la première des douze sections,61 et l'équinoxe vernal, et le début des mois, et la tête du cycle, et le commencement de la course des planètes, d'après l'Écriture62 — et encore que lorsque le cycle de 19 ans solaires se déroule 28 fois, et fait 532 ans63, et de nouveau encore cela recommence. La lère année <fait> 365 jours. La 2ème, 730. La 3ème, 1095. La 4ème, 1460. La 5ème, 1825. La 6ème, 2190. La 7ème, 2555. La 8ème, 2920. La 9ème, 3285. La 10ème, 3650. La 11ème, 4015. La 12ème, 4380. La 13ème, 4745. La 14ème, 5110. La 15ème, 5475. La 16ème, 5840. La 17ème, 6205. La 18ème, 6570. La 19ème, 6935. Ceci est le total des jours du cycle de 19 ans.

La lune donne au soleil onze jours chaque année, parce qu'elle a été créée64 avec lui, après le troisième jour, dans l'état qu'elle a le quatorzième jour (de son cycle).65 Une fois retirés ces trois jours, et une fois ajoutés les onze <jours> aux 354 jours, par ces jours qui forment aussi le mois intercalaire, <l'année lunaire> devient égale aux 365 jours de l'année solaire, février prenant les deux jours de l'excès des 12 mois et des soixantièmes.66

Quant au mois intercalaire, ayant pris <ses jours> des dix premiers du mois solaire de mars, est introduit tous les trois ans. En effet, le mois solaire de mars se compose de ces dix <jours>, et des 14 jusqu'à l'équinoxe, et des sept après l'équinoxe de ce même mois. Et s'il arrivait que la lune prenne des jours solaires du mois de mars, f comme étant en manque, elle ( ?) f les lui rend au cours du moi de Mai.

Il ne faut donc pas, après l'équinoxe vernal, si le le XIV <lunae> tombe un samedi, le lendemain étant un dimanche et XV lunae, refuser67 que nous célébrions <ce jour-là> la sainte résurrection du Christ notre véritable Dieu ; pour qu'il n'arrive pas que voyant les éléments eux-mêmes, nous soyons couverts de honte, parce que nous perdrions et le XIV et le XXI à cause de la remise <de la fête> à plus tard, et que nous violerions la loi de Dieu, parce que ni la Mi-Pentecôte ni l'Ascension ni la Pentecôte ne seront célébrées selon l'orthodoxie. Que les öåñéÜëéá de quelques-uns qui ne sont pas d'accord soient donc corrigés et dès maintenant, et qu'ils n'amènent pas sur nous ni une grande moquerie ni la transgression de la loi divine.

 

Notas

1.- D'après A. Müsshammer, The Easter computus and the origins of the Christian era [ The Oxford Early Chrisitan Studies], New York, 2008, 130-134, il aurait été élu évêque peu après 273 ou 274, et serait mort dans la dernière décennie du 3ème siècle. Ici et ailleurs, dans l'intérét du lecteur, je cite de préférence l'ouvrage de Mosshammer, qui contient d'habitude des renvois très complets au reste de la littérature secondaire.

2.- D'après A. Mosshammer, The Easter computus and the origins of the Christian era [ The Oxford Early Chrisitan Studies], New York, 2008, 130-134, il aurait été élu évêque peu après 273 ou 274, et serait mort dans la dernière décennie du 3ème siècle. Ici et ailleurs, dans l'intérét du lecteur, je cite de préférence l'ouvrage de Mosshammer, qui contient d'habitude des renvois très complets au reste de la littérature secondaire.

3.- V. Grümel, La chronologie [Bibliothèque byzantine] Paris, 1958, 31.

4.- Voir dernièrement Mosshammer, Easter Computus (n. 1), 130-161, avec discussion de la littérature antérieure.

5.- Ce texte latin a été publié dans la PG 10, 209-22, ensuite par B. Krusch, Studien zur christ-lich-mittelalterlichen Chronologie, I, Leipzig, 1880, 316-318, et dernièrement par D. P. Mc Carthy et A. Breen, The ante-Nicene Christian Pasch: De ratione paschali, the Paschal tract of Anatolius, bishop of Laodicea, Dublin, 2003, 44-53. Dans ce dernier ouvrage l'authenticité du traité est défendue avec une telle radicalité que, sur les points oil il diverge du fragment grec d'Eusèbe, Mc Carthy se prononce pour l'authenticité du De ratione paschali, ce qui a été critiqué par Mosshammer, Easter Computus (n. 1), 140: «it cannot be the case that in the critical passage where they disagree it was Eusebius, rather than the author of the Latin tract, who distorted the text of Anatolius». Ce passage critique était que «whereas Eusebius quotes Anatolius as equating the 26th day of Phamenoth with 22 March as the beginning of the 19-year cycle, the Latin text uses the Roman date for the equinox on 25 March». (Ibid., 138).

6.- Sur ce florilège, voir avant tout M. Richard, «Florilèges spirituels grecs», in: Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, 5. Paris 1962-1964, col. 484-486, repris dans M. Richard, Opera minora, I. Turnhout - Leuven 1976, n° 1. Aussi important: I. De Vos et al., «L'art de compiler à Byzance: La lettre à du Florilège Coisli». Byzantion 78 (2008), 159-223, avec une bibliographie complète; par les mêmes auteurs, «La lettre B du Florilège Coislin: editio princeps». Byzantion 80 (2010), 72-120. Pour une description succincte du FC, cf. T. Fernández, «Un auteur inconnu dans le Florilège Coislin: Léonce de Damas». Sacris Erudiri 47 (2008), 209-221.

7.- Le ms. Hierosolymitanus, Sancti Sepulcri 15 (10ème-11ème s.), deuxième témoin de cette bran-che, s'arrète déjà à la fin de la lettre epsilon. Ce manuscrit et le Coislinianus étant les seuls du FC que K. Holl ait collationnés pour son ouvrage sur les fragments antenicéens dans le Sacra Parallela attribué a Jean Damascène, il n'est pas étonnant que le fragment d'Anatole y manque. Voir K. Holl, Fragmente vornicãnischer Kirchenvàter aus den Sacra Parallela, Leipzig, 1898. Holl, comme presque tous les érudits jusqu'à Richard (cf. n. 5) considérait que les témoins de ce qu'on appelle maintenant FC n'étaient qu'une recension des Sacra Parallela attribués a Jean Damascène. Quant à la tradition bifide du FC, il faut signaler que pour les premiers (et jusqu'à présent, seuls) éditeurs d'un livre de ce florilège, elle était trifide, le Coislinianus et le Hierosolymitanus constituant des branches distinctes, cf. De Vos et al. (n. 5), 165-169. J'espère défendre mon stemma bientôt, dans l'introduction à l'édition de la lettre alpha que je prépare.

8.- Le deuxième manuscrit de cette branche, VAtheniensis, Bibliothecae Nationalis 464 (10ème s.) et un de ses apographes, le Bruxellensis IV, 881, omettent la dernière partie du dernier chapitre du livre omikron, ainsi que les neuf premiers chapitres de pi (ce qui montre que cette partie manquait déjà en 1542, lorsque le Bruxellensis a été copié); ils ne contiennent donc pas le fragment d'Anatole. Un deuxième apographe de VAtheniensis, le Parisinus gr. 1096, du 16ème s., s'arréte bien avant, dans la lettre beta.

9.- Pour l'édition de la lettre gamma, voir De Vos et al. (n. 5).

10.- En effet, il n'est pas rare que le compilateur du FC groupe très près l'un de l'autre les extraits d'une même source. Les fragments de Léonce Damascène, par exemple, se trouvent tous à la fin de la lettre alpha et au début de bêta; dans le reste du florilège, on ne rencontre pas un seul. Pour plus d'exemples, voir Fernández (n. 5) De toutes façons, il serait rare que la compilations de fragments sur le calcul de Pâques soient tous tirés de la même source. En effet, même s'il y a un chapitre consacré entièrement aux années bissextiles, le fragment édité ci-dessous semble méconnaitre l'existence de ces années-là. Cf. infra, 1.

11.- Quand cet article était déjà accepté pour sa publication, l'hypothèse que le fragment attribué à Anatole fasse partie, en réalité, du fragment antérieur —un extrait inédit d'Anastase d'Antioche, comme on l'a vu—, commence à me sembler presque certaine. Or cette hypothèse devra être développée ailleurs.

12.- Sic dans le ms. et dans le dictionnaire de Dimitrakos (Athènes 1954-1958); dans le Patristic Greek Lexicon de Lampe (Oxford 1968 [1961]) on trouve dans le Diccionario Griego — Españold'Adrados (Madrid, 1980- ), .

13.- Cf. F. Diekamp, «Der Monch und Presbyter Georgios». Byzantinische Zeitschrift 9 (1900), 14-51, ici 28, l. 6-22. Cf. aussi Mosshammer (n. 1), 285: «The sun was in the fourth day of its cycle when created, since the solar cycle must begin on a Sunday. The moon was created in the 15th day of its course, because God created it full. Therefore the difference between the solar and the lunar course at the time of creation was eleven days».

14.- Cf. à titre d'exemples V. Grumel, «La date de l'équinoxe vernal dans le canon pascal d'Anatole de Laodicée». Mélanges Eugène Tisserant, vol. II, 1ère partie. StT232. Città del Vaticano 1964, 217-240, qui discute la date proposée du 19 mars et lui préfère celle du 22 mars; voir aussi Mosshammer (n. 1), 141.

15.- Cette traduction latine s'accorde avec la version latine de Rufin de VHistoire ecclésiastique sur tous les points, sauf en ce qui concerne la date du début du cycle des 19 ans: cf. Mosshammer (n. 1), 138: «Whereas Eusebius quotes Anatolius as equating the 26th day of Phaneroth with 22 March as the beginning of the 19-year cicle, the latin text uses the Roman date for the equinox on 25 March. » Pour le 25 mars comme date de l'équinoxe, voir l'ouvrage récent de D. Mc Carthy — A. Breen (n. 4), 84: «Thus there can be no doubt that 25 March, notwithstanding emphatic modern rejections of it, is the date Anatolius actually indicated» (pour l'équinoxe vernal); le 25 mars était la date latine traditionnelle pour l'équinoxe. Contre Mc Carthy — Breen, cf. Mosshammer (n. 1), 142.

16.- Mosshammer (n. 1), 241: «He [Victorius of Aquitania] preferred [...] to retain the old Roman tradition of limiting Easter to the period between the 16th and the 22nd day of the moon, rather that the 15th through the 21st as in the Alexandrian tables». L'approche de Victorius a été critiquée notamment par Denis le Petit (ibid., 243) : «In the letter to Boniface, he [Dionysius] refers to those who 'calculate the moon other than in accordance with the truth'».

17.- Cf. Mosshammer (n. 1), 138.

18.- Comme le dit M. Mosshammer (dans une communication personnelle, en mars 2010): «In a leap year, the moon of February is increased from 29 to 30. Is that what he means by saying February adds two days? If so, I don't understand how that derives from the excess of 12 months and the 'sixties'. Is he referring to the leap-day of February? Is the 'sixties' somehow a reference to the quarter-day each year? Nor do I understand how the embolismic month consists of 10 days from March. The embolismic month should be of 30 days. Perhaps he means the embolismic month gets 10 days each year in March and then is added as a 30-day month in the third year. But that is not exactly how the 19-year cycle works. There are 7 embolismic months in 19 years. I am also puzzled about how the month of May makes up a deficit from March».

19.- H.R. Drobner, Mesopentecoste. Dans A. Di Berardino (ed.), Nuovo dizionariopatristico e di antichità cristiane. Genova 2006-2008. Du même auteur, «Wurzeln und Verbreitung des Mesopentecoste-Festes in der alten Kirche». Rivista di archeologia cristiana 70 (1994), 203245. Cf. 244 : «Man muss [...] davon ausgehen, dass die Mesopentecoste Anfang des 5. Jh. in Oberitalien entstanden ist.»

20.- En tout cas, pas dans le TLG ou dans le dictionnaires de Lampe, Dimitrakos, etc. Le professeur Peter Van Deun m'a indiqué que ce mot se trouve chez Anne Comnène (12ème s.) ; il a eu cette information d'Aurélie Gribomont. Quoi qu'il en soit, cette attestation tardive n'affecte pas notre argumentation.

21.- A. Blaise, Dictionnaire latin-français des auteurs chrétiens, Turnhout, 1954, et Thesaurus linguae latinae, München, 1901—, respectivement.

22.- G. Pasquali, Storia della tradizione e critica del testo, Firenze, 1934, xiv.

23.- om. C.

24.-   (sic) CD. Le ms. édité par Diekamp, le Vaticanus Graecus 2210, avait aussi à la place de . Voir par ex. 29, 12, in Diekamp (n. 11).

25.- Cf. Anatol. apud Euseb., Hist. Eccl., 722, 15 (ed. Schwartz).

26.- On attendrait plutôt cf. Euseb., Hist. Eccl., 722, 14.

27.-

28.- ìçíþí áñ÷Þí: cf. Ex. 12, 2

29.- ðñþôïí — äñüìïõ = Anatol. apud Euseb., Hist. Eccl., 722, 20-22.

30.- (sic sp. et å) CD.

31.-

32.- ó praem. EF (E praem. ó pour tous les ordinaux: ó ã', ó ä', etc.).

33.-

34.- 

35.- 

45.- Le professeur Mosshammer m'a suggéré la possibilité d'amender le texte (dans une communication personnelle, en mai 2010): ,-the quarter of a day. By analogy with the following statement about March taking 10 days a year, with an embolismic month of 30 days inserted every third year, the author here should be saying that February takes a quarter-day each year, with an epagomenal day inserted every fourth year."

48.- L'équinoxe semble donc avoir place le 24 mars.

53.- om. F a.c. (s.s.).

 

61.- C'est-à-dire le premier des douze signes du zodiaque.

62.- Ou «d'après le graphique»? Ou «d'après le texte» (d'Anatole par exemple)?

63.- C'est-à-dire un cycle parfait.

65.-C'est-à-dire pleine.

66.- Il s'agit des «soixantièmes de jour» (= lepta), comme me l'a suggéré Jean Lempire, un spécia-liste en calcul pascal qui a eu la gentillesse de lire ce fragment attribué à Anatole, ainsi que A. Mosshammer.

 

Referencias bibliográficas

Blaise, A. (1954). Dictionnaire latin-français des auteurs chrétiens, Brepols, Turnhout.         [ Links ] De Vos, I., et al. (2008). «L'art de compiler à Byzance : La lettre à du Florilège Coislin», in : Byzantion, 78, pp. 159-223.         [ Links ]

De Vos, I., et al. (2010). «La lettre B du Florilège Coislin : editio princeps», in : Byzantion, 80 (2010), pp. 72-120.         [ Links ]

Diekamp, F. (1900). «Der Mõnch und Presbyter Georgios», in : Byzantinische Zeitschrift, 9, pp. 14-51.         [ Links ]

Dimitrakos, D. (1954-1958). , Dimitrakos, Athènes.         [ Links ]

Drobner, H.R. (1994). «Wurzeln und Verbreitung des Mesopentecoste-Festes in der alten Kirche». Rivista di archeologia cristiana, 70, pp. 203-245.         [ Links ]

Drobner, H.R. (2006-2008). «Mesopentecoste», in: A. Di Berardino (ed.), Nuovo dizionariopatristico e di antichità cristiane, Marietti, Genova.         [ Links ]

Fernández, T. (2008). «Un auteur inconnu dans le Florilège Coislin: Léonce de Damas», in: Sacris Erudiri, 47, pp. 209-221.         [ Links ]

Grumel, V. (1958). La chronologie, Bibliothèque byzantine, PUF, Paris.         [ Links ]

Grumel, V. (1964). «La date de l'équinoxe vernal dans le canon pascal d'Anatole de Laodicée», in: Mélanges Eugène Tisserant, vol. II, 1ère partie, in : Studi e Testi, 232, Città del Vaticano, pp. 217-240.         [ Links ]

Holl, K. (1898). Fragmente vornicanischer Kirchenvater aus den Sacra Parallela, Hinrichs, Leipzig.         [ Links ]

Krusch, B. (1880), Studien zur christlich-mittelalterlichen Chronologie, I, Von Veit & Comp., Leipzig.         [ Links ]

Lampe, G.W.H. (1968 [1961]). A Patristic Greek Lexicon, Clarendon, Oxford.

Mc Carthy, D.P., et A. Breen (2003). The ante-Nicene Christian Pasch: De ratione paschali, the Paschal tract of Anatolius, bishop of Laodicea, Four Courts Press, Dublin.         [ Links ]

Mosshammer, A. (2008). The Easter computus and the origins of the Christian era, The Oxford Early Chrisitan Studies, Oxford University Press, Oxford/New York.         [ Links ]

Pasquali, G. (1934). Storia della tradizione e critica del testo, Le Monnier, Firenze.         [ Links ]

Richard, M. (1962-1964). «Florilèges spirituels grecs», in : Dictionnaire de spiritualité ascétique et mystique, 5, Beauchesne, Paris, col. 484-486, repris dans M. Richard, Opera minora, I, Brepols, Turnhout/Leuven 1976, N° 1.         [ Links ]

Rodríguez Adrados, F. (1980-). Diccionario Griego — Español, Consejo superior de investigaciones científicas. Instituto Antonio de Nebrija, Madrid.         [ Links ]

Schwartz, E. (ed.) (1922). Eusebius Caesariensis. Kirchengeschichte, Hinrichs.         [ Links ]


Recibido: 17.08.2011 - Aceptado: 21.10.2011

Correspondencia: Tomás Fernández - fernandez_tomas@yahoo.com - tomas.fernandez@arts.kuleuven.be. Licenciado en Letras Clásicas (Universidad de Buenos Aires) / Doctor en Estudios Clásicos (Katholieke Universiteit Leuven).

* Je tiens à remercier le Fonds de la Recherche Scientifique - Flandres (FWO-Vlaanderen), ainsi qu'à la Katholieke Universiteit Leuven. Je voudrais remercier chaleureusement le professeur Alden Mosshammer, qui a répondu avec son érudition extrême et sa gentillesse extraordinaire toutes les questions que je lui ai posées pendant les derniers mois. Jacques Noret a lu différentes version de cet article et m'a fait chaque fois beaucoup de remarques pleines ddacumen. Basile Markesinis a lu le texte grec et m'a suggéré quelques modifications qui l'ont rendu plus compréhensible.